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Renaud.
Le Rouge-gorge devenu Phénix

Après une absence de plusieurs années qui avait laissé ses fans en rade sur le bord de la route, la chetron sauvage est de retour. Toujours vivant, Toujours debout, dit son nouvel album. Nous, on lui répond Toujours là, Toujours fans, Toujours morgane de vous Monsieur Séchan.

Renaud est de retour ! Enfin ! Le moineau rapace qu’il voulait se faire tatouer dans le dos, l’oiseau qui ne s’envolera plus jamais (Peau Aime), le Rouge-gorge au bandana, ce petit volatile au cœur fragile a traversé le désert, longtemps. Entouré, mais trop longtemps. Le ciel sans les oiseaux, ce n’est pas le ciel ou un ciel bien triste. Car leur chant, leur musique adoucissent les mœurs. Ils mettent du baume sur nos p’tits cœurs tout bleus quand la vie nous pique les yeux. Mais notre Docteur Renaud avait disparu…

J’attendais, je guettais, j’espérais. Pas seule. En bonnes complices renaudiennes, on se retrouvait, Nathalie R. et moi, pour chanter ses chansons, partager nos souvenirs de concerts, rêver d’un possible retour et conspuer les méchants qui le disaient foutu, les cons ! On souhaitait même le retour de Romane… qu’on avait un peu détestée quand même (elle nous l’avait pris, la blonde, déjà qu’on avait mis du temps à le pardonner à Dominique…) … pourvu qu’elle lui insuffle le désir de revenir parmi les vivants, parmi nous quoi ! Avec sa guitare, sa pêche à la ligne, la tire à Dédé, la mère à Titi, ses cailloux, son aquarium, Pépette, Germaine et Manu. On lui avait même gardé la place pour Sa Mob…
C’est le moins blond, moins pulpeux, mais très talentueux Grand Corps Malade qui a pratiqué le massage cardiaque. Je lui roulerais bien une galoche au Fabien ! Enfin…je vais commencer par un simple merci et mon éternelle reconnaissance, c’est déjà pas mal. Surtout que celui qui « tous les jours partage mon cassoulet » ne serait pas d’accord. Bref. Le poète slameur a donc ravivé la flamme de notre Renaud, tellement ravivé qu’il y a mis le feu. Façon feu de cheminée. Au soufflet. Avec pugnacité. Car le Phénix renaît de ses cendres. Donc, il doit cramer d’abord. Logique. Alors, 3, 2, 1 IGNITION !

Et le voilà ! Renaud. Mon Renaud. Notre Renaud, Nath ! Merde !
Un peu fragile au début. On tremblait. Je voulais devenir garde du corps. Je ne voulais pas qu’on me le fasse tomber. Qu’on me le brise à nouveau. Ils me faisaient tous chier à vouloir le faire parler alors qu’il avait encore du liquide amniotique dans la bouche… Puis ses alvéoles se sont dépliées, les unes après les autres. Et il a poussé son premier cri. Un peu rauque, plein de clopes. On en a pleuré Nath et moi. Je crois même que ça nous a filé des contractions, mais on n’a jamais osé se le dire…
Une renaissance. Un miracle. J’en aurais presque cru en Dieu… Mais la place était déjà prise. Par le chanteur énervant. Un bandana rouge en guise de chapelet. Et il vient de nous prouver qu’il est grand et que sa voix est parfois impénétrable. Elle était facile celle-là…Ok ! Mais je ne sors pas ! Renaud est là, je reste ! Laissez béton !

Renaud, toujours debout - Limpact

Dans les jours qui ont suivi, la page facebook « Soutenons Renaud Séchan » à laquelle notre souffle était suspendu et qui nous livrait au compte gouttes sa courbe de température souffreteuse a évolué, comme un Pokemon (là, ceux qui n’ont pas des gosses de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, Montmartre en ce temps-là… euhhhh… je m’égare…). Devenue la page « Renaud le Phénix », elle nous permet aujourd’hui de suivre pas à pas son hyperactivité déroutante que nous scrutons, Nath et moi, d’un regard empreint d’inquiétude mal dissimulée, comme deux mères poules surveillant leur gosse qui remonte sur son vélo après une grosse gamelle.
Nath, on peut lui lâcher la main au petit. Tout va bien. Il est là, bien là, ses jambes arquées plantées fermement dans ses tiags, sa langue bien pendue et sa plume gavée d’encre fraîche pour nous écrire des belles chansons. Il a même des nouveaux tatouages. Il craint dégun ! Toujours debout. Toujours vivant. Toujours passionnant et passionné.

Du coup, il n’arrête plus d’écrire, pour lui, pour les gosses, pour Charlie, pour Causette. Le 26 mai, son autobiographie, « Comme un enfant perdu », est parue chez XO Editions et il sera du 10 au 12 juin au festival « Des Livres, Des Stars », à Aix-en-Provence, pour nous la présenter et nous la dédicacer. Et on ira, hein Nath ? Parce qu’on n’a pas lâché l’affaire. On y a cru. Jusqu’au bout. Follement. Passionnément. Comme une mère a une confiance indéfectible en son enfant. Parce que c’est notre pote. C’est notre frère. C’est notre mec. C’est celui qui sait depuis toujours nous viser au cœur avec ses mots.
L’amour, la révolte, l’irrévérence, la tristesse, ont trouvé leur juste expression sous la plume de son stylo. Quelle que soit la clarté de sa voix, on s’en fout ! Nous on veut bouffer les mots de Renaud, s’en mettre plein la panse, s’en repaître jusqu’à plus soif, jusqu’à plus faim. Et ils ne sont jamais indigestes.
On veut être En Cloque quand il la chante. On veut chausser du 27 pour s’asseoir avec lui sur un banc et boulotter ensemble des Mistrals Gagnants. On veut être flic pour qu’il nous embrasse. On veut faire du stop sur Mulholland Drive. On veut être les mots qui le rendent « libre comme l’oiseau » et « lui assignent une place plus près des anges ». On veut passer la nuit en taule avec lui. On veut être marchand de batteries. On veut être Lola pour tenir avec lui la main d’Héloïse.
On veut Renaud !
Parce que c’est notre Pierrot, notre gosse, notre frangin, notre poto, notre copain qui nous tient chaud. Et il commençait à faire frisquet…

Renaud est là. Incandescent. Il irradie. C’est le Phénix !
Nath et moi, on sera le 11 juin à Aix-en-Provence et le 17 décembre au Zénith Oméga de Toulon pour le Phénix Tour.
Et on sera toujours là.
Dis, Nath, tu crois qu’on est fans ?

Karine Perrier
Crédit photos : ©Yann Orhan Slo Slo

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