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Love Story à l’iranienne.
par Hanna Vernet

Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme et son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime… Jane Deuxard travaille clandestinement. Les journalistes ne sont pas les bienvenus en Iran. Des témoignages rares, recueillis dans le pays. Portrait d’une jeunesse iranienne. Parole est donnée à ceux qu’on n’entend jamais.

Jane Deuxard est allée à la rencontre de la jeunesse iranienne pour parler d’amour (mais pas que), et nous livre dans cette BD les confidences de ces jeunes gens, tiraillés entre leur désir de respecter les traditions et la tentation de la modernité. Les dialogues sont tirés de leurs témoignages, les dessins et la couleur sont de ZacDeloupy.
On y découvre les stratagèmes, les tours et les détours qu’ils emploient pour déjouer un régime liberticide. Alors toi qui jettes vite fait ton portable sur le siège passager parce que t’avais pas vu la voiture de flics derrière, toi qui télécharges illégalement parce que vraiment Hadopi c’est trop des voleurs quoi ! Toi qui files discrétos fumer ta clope entre deux wagons de la SNCF, tu reprendras bien une petite bouffée de pensée révolutionnaire ?
À l’image de Gila et Mila, un jeune couple qui vit à Téhéran une histoire d’amour clandestine depuis huit ans, et qui n’a jamais fait l’amour. « Love story à l’iranienne » nous offre une galerie de personnages qui n’est pas haute en couleur, mais portée par un graphisme sobre et des teintes sombres, à l’image de leurs destins. Les traits sont épurés, comme pour mieux souligner les dialogues. L’essentiel n’étant pas de montrer mais de donner à entendre ces voix portées par la rage de vivre, et qui demain, nous l’espérons, arriveront à faire évoluer les choses. Deloupy semble avoir décliné à l’infini le même visage. Les effets d’ombre et de lumière, la ressemblance frappante entre les personnages, nous montrent l’impossible émergence d’une identité individuelle. Un plaidoyer pour la liberté qui n’accuse personne mais lève le voile sur les difficultés de chacun à préserver son identité profonde tout en revendiquant le changement.
Cette BD tord aussi le cou à certaines idées reçues. Non ! Les femmes ne sont pas les seules victimes de l’abolition des libertés, la jeune génération revendique les mêmes droits pour tous, hommes et femmes. On apprend même avec surprise que ce sont les mères (et les belles-mères, les tantes patati patata) qui sont la plupart du temps les garantes des « bonnes mœurs » et les gardiennes de la tradition.
Quel que soit leur sexe, ou leur milieu social, les enfants de la révolution de 1979 revendiquent l’émergence d’une pensée nouvelle et le droit d’avoir des rêves.
Comme Saviosh, 20 ans, serveur dans un café de Téhéran. Son rêve est de devenir musicien. Mais la musique est interdite en République islamique d’Iran (Et dire que nous, on a laissé Justin Bieber sévir).
Comme Vahid, 26 ans, qui rêve d’une nouvelle révolution (et j’te parle pas de l’Iphone 7).
Comme Omid, 25 ans qui rêve derrière son écran d’ordinateur de présenter les news sur une chaîne américaine. Mais les médias sont censurés dans son pays. Internet et le satellite sont interdits (Y’a pas de réseau dans ton amphi ? C’est moche…)
Comme Soban, 28 ans, qui nous raconte l’hypocrisie d’un régime qui enfreint allègrement tous les interdits qu’il met en place.
Comme Kimia et Zeinab, deux jeunes femmes de 20 et 21 ans, adeptes de la chirurgie esthétique, qui prennent des risques et nous donnent une leçon de féminisme à l’iranienne (et là, tu te sens vraiment, mais vraiment toute petite avec ton discours sur la taxe tampon…)

À l’heure où nous racontons tous notre vie, où nous donnons nos opinions en pâture comme des petits riens sur Facebook et Twitter, il est bon de rappeler que 99,9% de ce que nous postons fièrement ici nous ferait risquer la prison, la torture, et même la mort ailleurs… Ne l’oublions jamais. Ainsi, je laisse le mot de la fin à Jane Deuxard et Deloupy qui signent à la fin de leur BD une émouvante dédicace.
« Aux Iraniens qui ont accepté de témoigner, à ceux qui n’ont pas osé. À tous les Iraniens. C’est un honneur de vous avoir rencontrés. »

Hanna Vernet

Love Story à l'iranienne de Jane Deuxard et Deloupy aux éditions Delcourt / Mirages - Limpact

Love Story à l’iranienne
Editions Delcourt/ Mirages, 2016
Scénario : Jane Deuxard
Dessin/couleur : Deloupy

Casamia Ollioules et La Valette - Limpact




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